Dans l’évangile du cinquième dimanche de Pâques, Jésus se présente comme « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). C’est là une affirmation assez paradoxale. Généralement, nous pensons qu’un chemin est fait pour mener à un endroit précis, et qu’ainsi, il ne peut pas se confondre avec le point d’arrivée. Or Jésus semble bouleverser notre représentation de l’espace. En se proclamant à la fois le chemin, la vérité et la vie, il brouille en effet notre façon de concevoir ces trois notions. Pour nous, un chemin qui mène à la vie, et à une vie qui est elle-même la vérité, est forcément différent des deux réalités auxquelles il conduit. Pourtant, à rebours de notre façon de penser, l’affirmation de Jésus sur lui-même laisse entendre que le chemin est déjà la vie et la vérité ! 

En fait, soutenir que le chemin est à la fois la vérité et la vie, découle de la nature hors norme de la réalité dont parle Jésus dans ce passage. Car cette réalité, c’est tout simplement Dieu ! La Vérité et la Vie constituent deux faces de la réalité divine. Aussi, le Chemin, mis sur le même plan que les deux autres dénominations, fait-il lui aussi partie de la même réalité. Mais pourquoi Dieu, à l’opposé de nos représentations spatiales ordinaires, est-il simultanément le chemin et le terme vers lequel celui-là nous dirige, à la fois le mouvement et le repos, le moyen et la fin ?

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